Réalités

RÉALITÉS notre laboratoire d’expérimentation, de réflexion et de préfiguration fondé sur le croisement de nos recherches et de celles de nos partenaires

  • FAIRE PARPAING (2024-2026)

    L’architecture contemporaine est face à un double enjeu. D’un côté, le dérèglement climatique exige les acteurs du BTP à concevoir, bâtir et transmettre une architecture avec un faible impact sur l’environnement. De l’autre côté, le secteur de la construction traverse une crise économique majeure : les coûts de la construction augmentent, quand le pouvoir d’achat des Français, lui,  ne cesse de se restreindre.

    Offrir une architecture à la fois qualitative, durable et à bas coûts est un défi complexe. Pour y parvenir, l’emploi d’un système constructif et d’une matérialité abordables et bas-carbone est une hypothèse à exploiter. Plus précisément, la maçonnerie en béton aggloméré est synonyme d’une construction rapide, accessible et populaire. De plus, les dernières avancées technologiques dans l’industrie du béton ont réussi à réduire son empreinte carbone en remplaçant le ciment de Portland. Or, l’architecture en parpaing est connotée dans l’imaginaire collectif et perçue brute, commune, froide et de mauvaise qualité.

    Le projet de recherche mené par SAME envisage de faire du parpaing une solution architecturale par choix et non par défaut, en ajoutant à sa valeur économique une valeur esthétique. Il explore le dispositif du parpaing comme un système constructif dans son ensemble, en prenant comme étude de cas le produit le plus éco-responsable du marché actuellement : le bloc de béton d’argile non calciné. Au départ, un état de l’art et une lecture critique définissent ce mode constructif et le comparent à d’autres. Puis, par une approche expérimentale et du « faire », des hypothèses projetées sont mises à l’épreuve à travers des représentations graphiques et spatiales, ainsi qu’une auto - construction. La recherche interroge également la perception du beau d’un matériau de construction démocratisé et suggère de lui donner un caractère sensible et poétique.

     

    Le projet FAIRE PARPAING a été présenté à la biennale d'architecture et de paysage de Versailles 2025 dans le cadre de la thématique "4°C ENTRE TOI ET MOI" du 7 mai au 13 juillet 2025. Dans un Paris tropicalisé, les enjeux écologique et socio-économique se joignent pour révéler une urgence : loger plus de gens dans des conditions (thermiques) vivables. SAME explore le potentiel du parpaing, élément le plus démocratisé de la construction contemporaine, poreux à l’air et brut, pour proposer un nouveau modèle. Par son anoblissement, une esthétique renouvelée, une matérialité biosourcée et, donc, une empreinte carbone drastiquement réduite, nous souhaitons donner notre réponse à la prégnance du réchauffement climatique.

  • TRANSFORMER L'EXISTANT, HABITER LES BUREAUX (2022-2024)

    L’architecture contemporaine se réinvente constamment pour affronter les divers enjeux sociétaux, environnementaux et économiques. Un des plus grands défis de sa production en France consiste à répondre à la crise du logement, tout en ciblant une transition écologique la plus efficace possible. L’inadéquation entre l’offre et la demande en logement, un excès de surfaces de bureaux vacants et la nécessité d’agir urgemment contre le dérèglement climatique révèlent la transformation des bureaux vacants en logements comme une évidence. Le projet de la loi ELAN est apparu comme un levier. Pourtant, les objectifs visés sont en dehors de la réalité.

    L’étude que nous menons cherche à surmonter les différents obstacles réglementaires, constructifs, architecturaux ou de rentabilité, afin que les actes de transformation ne soient plus marginaux. Dans un premier temps, cette recherche rassemble les constats et les observations du contexte de la transformation de bureaux en logements en Île-de-France. Elle sonde les raisons pour lesquelles les projets de transformation ne se multiplient pas. Elle identifie les freins et cartographie un atlas de références de transformations. Dans un deuxième temps, elle désigne les indices nécessaires pour révéler le potentiel de transformation de bureaux en logements. Dans un troisième temps, le projet se concentre sur les cas où les biens immobiliers ne sont pas favorables à la transformation. En ayant défini les raisons dues à leur non-transformabilité apparente, des analyses sous forme de scénarios de faisabilité expérimentent des solutions alternatives, adaptées à chaque cas spécifique.

    En somme, cette recherche envisage à la fois d’accélérer les projets de conversion de bureaux en logements, de réinventer les modes d’habiter tout en enrichissant le débat sur l’adoption d’un modèle d’économie circulaire dans le secteur du BTP.

  • TER (2021)

    Nous sommes de plus en plus nombreux sur une planète fragilisée. C’est un fait, les surfaces constructibles deviennent plus rares, les prix des logements ne cessent d’augmenter. En parallèle, les ressources s’amenuisent.

     

    Les contraintes économiques poussent aujourd’hui l’architecture vers des projets extra-normés, avec des systèmes constructifs à faibles épaisseurs et très souvent incapables d’auto-réguler les fluctuations de température et d’humidité. La mise en place de nombreux labels et règlementations a façonné des projets massivement dépendants de la technologie, avec une production d’énergie grise qui a triplé en trente ans. Qu’en est-il de nos villes de demain ?

     

    Nous préconisons une approche aux matériaux biosourcés et géosourcés, qui tienne compte des usages des lieux.
    Notre intention est ainsi de développer des projets en cohérence avec les ressources qui sont aujourd’hui abondantes, dont les répercussions sur l’environnement sont moindres, tout en visant un confort spatial et hygiénique optimal.

  • THE COMMON GRID : La ville nourricière (2020)

    Notre planète consacre aujourd'hui 40% de ses terres à l'agriculture. Dans un monde qui devra nourrir 10 milliards d’êtres humains en 2050, la question de l’alimentation est centrale. Pourtant, l’utilisation abusive de ces terres bouleverse les écosystèmes. 

    La crise actuelle du Covid19 lance un dernier avertissement sur nos modes de vie, de production et de consommation qui engendrent des conséquences dont nous sommes les premières victimes.

    Demain, près de 70% de la population sera urbaine : il devient nécessaire de trouver de nouveaux moyens de la nourrir tout en rendant la ville désirable.

  • BIOPHILIE (2019)

    « La biophilie est la réponse au besoin humain d’être connecté à la nature. Elle vise à rétablir ce lien dans l’environnement bâti. C’est aussi l’intersection de la santé, la biodiversité, l’art et la beauté ». Eric Fromm

     

    Jusqu'à une époque relativement récente de l'histoire humaine, l'homme était en interaction constante avec la nature et ses habitants. La biophilie, ou l'idée que les humains ont une affinité avec la nature, est un domaine émergeant qui prend en compte notre besoin physiologique d'être entouré de vie et de processus vitaux.

     

    L'exposition à des représentations et des images de nature peut contribuer à accélérer le processus de guérison et de convalescence, à accroître les sentiments positifs et à réduire les négatifs. À l'inverse, les environnements intérieurs froids, stériles et privés de vie peuvent nuire à notre humeur et à notre état d'esprit général. Cet élément reconnaît l'importance de créer un environnement intérieur qui cultive la connexion entre l'homme et la nature.